Interview la Dernière
Heure
(quotidien Belgique) du 30/06/2004 :
"Des
pansements sur ses blessures
Le
single d'Anne-Laure, Le diable, vient de sortir.
L'album est prévu dans la
foulée
BRUXELLES
C'est parce que son single était fin
prêt et qu'elle brûlait d'impatience
qu'elle a décidé de le sortir en
ce début d'été. Et c'est
pour faire une petite surprise à ses amis
de toujours, rencontré alors qu'elle
était enfant sur les plages de la mer du
Nord; ses potes avec lesquels elle va,
régulièrement, applaudir
l'Excelsior de Mouscron, qu'elle a choisi la
Belgique comme premier public. «On a
toujours reçu un accueil incroyable, ici,
dit-elle en fronçant son joli nez.
Ça me semblait un juste retour des
choses.» Anne-Laure, la sportive de la
Starac 2 a, de son propre aveu, pas mal grandi,
est aujourd'hui «moins
bébé». Mais pas moins
impatiente de brûler les
planches.
«Je
n'ai pas vu le temps passer. La Starac s'est
terminée le 21 juin 2003, à
Puy-Saint-Martin, en concert. Je suis partie
pendant trois mois en tournée Club avec
des danseurs. Ensuite, j'ai rencontré mon
producteur. On est restés en studio
jusqu'en avril. On avait une vingtaine de
chansons. Il a fallu en sélectionner 12.
Ensuite, on a préparé des concerts
et il y a Avignon cet été. En
fait, je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Je joue
encore un tout petit peu au tennis pour me
détendre, mais...»
Après
avoir vécu une aventure de groupe, c'est
difficile de se retrouver seule sur
scène?
«C'est
juste une nouvelle gestion. Avec la Starac, on
était neuf sur scène. Les soirs
où ça n'allait pas, on pouvait se
reposer sur quelqu'un d'autre. Mais là,
il faut avoir un bon équilibre pour ne
pas avoir de faiblesse. Mais c'est encore
meilleur, parce que si j'y arrive, c'est
grâce à moi. Et à
l'équipe qui m'entoure.»
Votre
spectacle est modulable: plus long, plus
court...
«C'est
parce que chaque public est différent.
Des fois je fais plus court parce que l'heure,
parce que les matchs de foot à la
télé... Je fais tout pour que
ça se passe bien et j'essaie de toujours
mettre une belle fin. Histoire que les gens
repartent contents.»
Vous
allez jouer un mois à Avignon. C'est
assez étonnant!
«J'avais
envie d'arriver quelque part où on ne
m'attendait pas forcément. Et de relever
le challenge d'exister à Avignon avec un
concert acoustique tout intimiste avec juste un
piano à queue, une guitare... Bref, de
monter un one-woman-show de 40 minutes, sur la
place de l'Horloge, tous les jours à 18
heures. C'est génial, parce que,
déjà, en
télé-réalité,
personne ne l'a fait. Ensuite, j'ai tellement de
trucs dans les mains que je n'ai pas encore
montrés aux gens. J'ai
hâte.»
Starac
vous avait réduite à une image
simpliste?
«J'ai
eu la chance d'avoir une image assez proche de
ce que je suis. Ils se servent quand même
de ce que l'on est. Après, ils font les
scénarios qu'ils veulent. C'est une
émission de télé, il faut
qu'il y ait de l'audience. J'ai eu la chance de
ne pas être la grande
favorite...»
La
chance ?
«Oui.
Une favorite, c'est quelqu'un qu'on adore ou
qu'on déteste. De moi, on disait que
j'étais gentille, que je souriais tout le
temps, que j'étais simple et dynamique.
Aujourd'hui, les gens dans la rue n'ont rien
contre moi. Mais ils me connaissent. Là,
j'ai besoin de m'épanouir, de
m'éclater, de me marrer sur scène,
de faire vivre ma musique.»
Vous
avez signé les textes de vos chansons.
C'est important?
«80%
des textes et des mélodies sont de moi.
Mon parolier m'aide et remanie. Je compose
depuis que j'ai 12 ans et je n'ai jamais eu
confiance en ce que je faisais. Là, pour
la première fois, ça a
été le contraire. J'ai pris
confiance en ma voix, ma tête, mon
corps... J'ai mis des pansements partout sur mes
petites blessures.»
Anne-Laure,
single Le diable, (AMC)
Propos
recueillis par Isabelle Monnart
©
La
Dernière
Heure
2004